Il y a un exutoire parfait en vous, le connaissez-vous?

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Le deuil est un processus de cicatrisation douloureux qui doit se vivre au rythme de chacun. Ce qui est rassurant c’est que la plaie finira pas ce cicatriser et ne s’effacera jamais…une belle preuve de leur existence. Mon cœur est à la fois marqué par son passage dans ma vie, par son départ et son absence. En ce sens, j’ai la preuve, au-delà du temps, qu’elle a bel et bien existé, que ce n’était pas un rêve ni une hallucination.

Les étapes du deuil ne se vivent pas de façon linéaire ni qu’une seule fois. Ces étapes se vivent dans l’ordre et le désordre, plusieurs fois, et ce sans crier gare. Voilà qu’aujourd’hui une de ces étapes m’a happé de plein fouet. Papier, crayon et mouchoirs à la main…je vide mon sac. J’ai écrit au moins 10 pages sur tous mes « pourquoi », tout ce que je ressens, sur ce que j’aimerais lui dire et bien sûr quelques bêtises en prime, car ces derniers jours la colère, l’incompréhension et la solitude m’ont envahi. Heureusement, il y a de bons moments où j’arrive à accepter ce qui est au lieu de tenter de comprendre l’inexplicable qu’elle a, de toute façon, emporté avec elle. Mais aujourd’hui, ce n’est pas un bon moment. Alors oui ma tête qui veut tout comprendre a pris le dessus. Tant de pourquoi », mais mon plus gros est: pourquoi nous avoir séparé nous les jumelles? Nous sommes nées ensemble, nous avons partagé 35 années et logiquement nous devions quitter ensemble lorsque nous aurions fait le tour de nos deux vies. Je ne comprends pas ce qui s’est passé pour en arriver là, toi là-haut et moi ici-bas. Je suis en colère que tu me laisses me débattre seule pour m’en sortir. De plus, c’est si difficile d’apprendre à composer avec la solitude constante.

Fort heureusement qu’avec le temps j’ai trouvé mon exutoire qui me permet d’évacuer mon trop-plein d’émotions sans trop me décharger sur mon entourage. J’écris! J’écris tout ce qui me passe par la tête et le cœur. Sans jugement et avec beaucoup d’amour, je laisse tout sortir, car je sais que finalement ce moment difficile est important. Il me permet tout d’abord un contact avec ma plaie, de la nettoyer, de lui mettre un peu de crème et de panser le tout le temps que la cicatrisation se fasse de mieux en mieux. Bien sûr que de partager avec vous m’aide énormément. J’ai l’impression de la faire revivre un peu à travers mes textes.

La course est aussi un très bon exutoire pour moi. Cela m’a permis de remettre mon corps et mon esprit, paralysé par le choc de ce deuil, en action. J’y reviendrai dans un autre texte, car j’en ai long à dire sur ses bienfaits.

À mon avis, trouver son exutoire est primordial pour ne pas garder toutes nos émotions à l’intérieur. Le deuil c’est gros, c’est même immense tel un glacier dans l’Antarctique qui pointe sur l’eau, mais qu’en fait des kilomètres et des kilomètres de glace se cache sous. À première vue, ce qu’on y voit est d’un blanc si parfait, mais finalement lorsque l’on s’attarde à ce qui ne parait pas, on y constate toute son immensité et tout ce qui y est emprisonné et figé sous ses immenses couches de glace. Alors, afin d’éviter d’avoir l’intérieur gelé comme ce glacier, permettez-vous de regarder votre plaie et de la pleurer lorsqu’elle vous fait mal. Trouver votre exutoire, exprimez-vous que ce soit à travers la musique, le dessin, la peinture, le sport, etc. Il y a un exutoire parfait en vous c’est certain, le connaissez-vous?

 

*Autre article que vous trouverez au bas de cette page: Un pas à la fois, Tu as été et tu seras pour toujours ma jumelle.

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